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textes pour petites chronique d'un monde bleu

 

 Petite Chronique d’un monde bleu

 Suite Instrumentale 

 (Version 1 ) pour Piano,Violon, Violoncelle et Récitant    (Version 2 ) pour Piano,Violon, Clarinette en La et Récitant

 Textes et musique : Peio Çabalette

 

 I .   Petite musique aux étoiles

II.   Bouillie de Psaumes in memoriam Quintiliano Guedes (I)

III. Petite musique des Sphères 

IVa. Lumière de cauchemar; IVb. Bouillie de Psaumes; IVc. Petite musique des Sphères.

V. L’hirondelle

VI. Scène au Balcon vide , La petite Mina

 (Durée : 20 minutes env.)

 Le Texte peut être énoncé par un acteur-récitant ou simplement par un ou plusieurs musiciens du trio dans l’esprit d’une interprétation didactique ou d’un concert lecture (très docte, de haute valeur artistique et spirituelle) avec présentation des divers mouvements de la partition ( comme précisé sur les pages de texte). 

 Cette Suite peut éventuellement être interprétée dans une version uniquement instrumentale, sans texte ou récitant. 

 Extrait de texte de programme : 

 Petite Chronique d’un monde bleu est une Suite instrumentale construite à partir de séquences musicales écrites au préalable pour le théâtre. Musique de scène souvent référencée, parodique, mais toujours originale, elle évoque l’univers de la bande dessinée, du cinéma américain des années 60 ou des orchestres Klesmer d’Europe de l’est. 

 Texte du récitant

(Le texte sera dit avec une voix assez forte et posée dans un esprit très docte,  professoral et, bien que tout à fait grotesque et décalé, comme conscient de la très haute valeur spirituelle de son contenu)

 

 …Voici plus de 250 ans, le Consistoire d’Arnstadt face aux fulgurances musicales de Johann Sebastian Bach dénonçait :  « les nombreuses et curieuses variations dans ses chorals, mêlés d’accords étranges embrouillent l’auditoire. Ce grand homme ferait l’admiration de toutes les nations s’il n’ôtait pas le naturel à ses pièces en y mettant de l’enflure, s’il n’en obscurcissait pas la beauté par un excès d’art... Cette enflure l’a fait tomber du sublime dans l’obscur... On admire un travail remarquable, mais hélas employé en vain, car il combat la raison. »

Ce sévère jugement sur la  musique du célèbre Cantor de Lepzig siérait parfaitement à l’oeuvre que nous allons vous présenter maintenant, tant cette dernière s’inscrit dans ce même combat épique et toujours vivace entre l’art et la raison. Dans son célèbre essai - L’art d’avoir toujours raison, l’auteur de Petite Chronique d’un Monde Bleu, insensible aux critiques sur les outrances de l’art moderne, exprime ainsi sa pensée: 

« …Vous pouvez toujours m’envoyer Boulez ».

 …Après ce court mais nécessaire préambule, 

Mesdames, Messieurs, ...nous allons vous interpréter Petite Chronique d’un Monde Bleu dans son ultime version écrite pour trio. Cette partition fût initialement composée pour Piano, Violon, Violoncelle (dire « Clarinette » pour le 3ème instrument suivant version) et Contrebasse mais, dans un bel élan de respect environnemental, face à une déforestation galopante et, porté par le secret désir de voir encore ce monde briller d’un bleu nuit diaphane, le compositeur a ainsi retiré la contrebasse tant il est vrai que, selon lui, pour ce dernier instrument « le rapport entre quantité de bois de construction et qualité sonore paraît déraisonnable ».       

Petite Chronique d’un Monde Bleu comporte six mouvements de durées très inégales. Ce chiffre a été retenu ici car, très proche du nombre sept à haute valeur symbolique que le compositeur souhaitait initialement atteindre. Ce premier chiffre permet aussi un décompte digital aisé des divers mouvements. Et l’auteur ajoute « Car il y a trois sortes de personnes : ceux qui savent compter, et ceux qui ne savent pas ».

Les deux premières pièces ont pour titre - Petite musique aux étoiles – et – Bouillie de Psaumes in memoriam Quintiliano Guedes. 

En raison de leurs ossatures singulièrement articulées sur un squelette de douze notes, ces deux mouvements sont dédiés au célèbre et regretté naturaliste Chilien - Quintiliano Xico Bartoloméo Valente Guedes- expert en fossiles et découvreur du fameux dinosaure de Boa Manhà. Ce savant, le premier, releva la nature docile de ce Jurassique représentant car, sur son lieu de fouille, il s’allongea un jour pour faire la sieste et, quand il se réveilla, le dinosaure était toujours là.

Ces deux mouvements, malgré leur notable et, en la circonstance, regrettable caractère roumain, sont également de part leurs modestes proportions un hommage au Chili, pays le plus long et le plus étroit du monde dont les habitants marchent l’un derrière l’autre et de profil comme les anciens Egyptiens. Nul mieux que le poète Osvaldo Soriano, dit « le Gros Soriano », n’a résumé l’étroitesse géographique de ce pays par ces vers : « Ô Chili, terre étoilée ! Tes quatre points cardinaux  sont au nombre de trois : Le Nord, et,  le Sud »

(Musique : (I) Petite musique aux étoiles enchaînée à (II) Bouillie de Psaumes)

 « ...Le troisième mouvement est intitulé – Petite musique des Sphères – Dans l’échelle ordinaire des proportions musicales (érigée par Mahler un jour de fort mauvais temps), cette nouvelle pièce se révèle dangereusement courte. Elle doit être tenue avec prudence pour une forme poétique émergente, bien que tout à fait instable encore.

Ce mouvement, en raison des vives critiques qu’il a suscitées à l’issue de la première exécution, est dédié au célèbre astronome Johannes Kepler. Ce dernier, après un bref succès d’estime, a été grandement désavoué par ses paires pour avoir, au mois de juin 1631 lors du mémorable colloque de Padoue , fait référence à « l’épée de Périclès » au lieu (aux dires de ses détracteurs) de « Damoclès ». Désaveu profondément injuste car dans ces temps anciens, tout le monde était armé. Sourd aux railleries du monde, Johannes Kepler vécut les dernières années de sa vie tout enveloppé de mysticisme pythagoricien et de douce naïveté. Cet illustre et poétique savant croyait à une secrète harmonie entre sphères célestes, proportions géométriques et notes de musique.

...« Petite musique des sphères»

(Musique : (III) Petite musique des sphères

« ... Quatrième mouvement : – Lumière de cauchemar !

Sans qu’aucune raison ne vienne justifier l’apparition de ce caractère dans le déroulement de l’œuvre, Lumière de cauchemar évolue dans un climat sombre et bien peu rassurant. Musique de catacombes, elle fait partie de ces rares pièces qui réclament de leurs interprètes autant de sang froid, de courage que de talent.

Cette pièce, en raison du sentiment d’effroi qu’elle génère, est dédiée à Almirante Menem, dit « Brisemenu », légendaire et malheureux navigateur syrien qui comptabilise le plus grand nombre de naufrages de l’histoire maritime. Une kleptomanie incurable le poussait de façon obsessionnelle à voler les ancres des navires placés sous son commandement.

Pour essayer d’en atténuer la torpeur, Lumière de cauchemar sera suivie d’une ré-exposition des principaux thèmes des second et troisième mouvements. Ce bref retour fera ici office de baume apaisant contre les coups, bosses, blessures, et autres contusions sonores.     ...Lumière de cauchemar ! »

(Musique : (IVa) Lumière de cauchemar enchaînée à la version courte de 

(IVb) Bouillie de Psaumes enchaînée à (IVc) Petite musique des sphères)

Peintre, philosophe,sculpteur, musicien ou inventeur de machines volantes. N’a-t-on pas exagérément exalté le génie universel de Leonardo Da Vinci ?                                                                                                                …Non!…Non car si le premier ce grand homme eut le mérite d’imaginer et de dessiner l’Homo Volans, l’ancêtre du parachute, il eut surtout plus que le talent, le génie de ne pas l’essayer. 

En 1617, un élégant vénitien  nommé Fausto Uccelino Veranzio conçut l’objet aérien de son illustre prédécesseur et,  d’une haute tour de sa ville natale, face au soleil s’élançât.                                                                        Réalisé quelques années seulement avant l’invention par Sir Isaac Newton de la célèbre et si périlleuse Gravitation universelle et, dans l’ignorance de cette loi, l’effet immédiat et inattendu du très bref, inaugural et ultime essai du jeune vénitien suscitât l’incompréhension de la  communauté scientifique.                                                                                                               Les annales de la pensée n’ont retenu que son nom, …une histoire dont on ne connait que la chute.  Mais Fausto Uccelino Veranzio  le premier connut l’ivresse du vide, la beauté et l’élégance de l’homme devenu oiseau.

-Dédié à ce jeune et poétique vénitien, le cinquième mouvement s’intitule L’Hirondelle.                                                                                                           Cette courte pièce est une ode à la liberté, à la légèreté et à l’élégance.

(Musique : (V) L’Hirondelle)

« Dernier Mouvement - Scène au Balcon vide, La petite Mina - »

Mina, dans une des plus vieilles langues* d’un monde pâle mais encore bleu, signifie la douleur.

...Cette musique est dédiée aux amours blessés, aux amours brisés, à ceux emportés par les tourments de la guerre, à tous ces amours qui n’ont vécu que l’aube d’un jour... »

( Musique : (VI) Scène au balcon vide)

 * Langue basque